La terre et l'enfant

Terre ô ma mère !

 

L’enfant se penche, et, dans sa menotte malhabile, emprisonne une poignée de boue compacte.

Très intéressé, il contemple, gravement, l’empreinte de ses doigts menus, la forme ronde et douce qui s’est moulée au creux tendre de ses paumes. Il ne connait pas le mot malléable. Mais d’instinct, il découvre le verbe modeler.

 

Et s’il modelait un bonhomme ? une petite boule de terre pour la tête, une plus grosse pour le corps.

Ca ne tient pas très bien, ou même pas du tout, mais c’est grisant.

Regarde comme tu te salis dit sa mère, qui a perdu depuis trop longtemps l’innocente pulsion du geste.

Il ne se salit pas : il découvre, en une seule révélation, la matière première en son sens propre – matéria prima – et l’acte du créateur.

 (Colette Gouvion)

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site